Ouest-France a rencontré Bruno Merrien, élu maire de Fouesnant (Finistère) dimanche 22 mars 2026, lors du conseil d’installation. Enfance, parcours professionnel, engagement associatif et municipal, premières décisions… Il se confie et livre ses premières impressions.
Bruno Merrien : "Je serai un maire à temps plein, qui saura déléguer." | OUEST-FRANCE
Bruno Merrien, qui êtes-vous ?
Retraité de la banque, j’ai 63 ans, je suis marié à une Fouesnantaise, père de deux filles et grand-père de quatre petits-enfants. Je suis Fouesnantais pure souche. Merrien est une grande famille fouesnantaise, qui a toute son histoire ici. Plusieurs de mes ancêtres ont été élus, mon arrière-arrière-grand-père a même été maire de Fouesnant.
J’ai été élève à l’école Notre-Dame, puis au Likès (Quimper) de la 6e à la terminale. De 1980 à 1984, j’ai suivi des études d’ingénieur agricole à Angers. Après mon service militaire à Châteaulin, je suis entré dans la vie active. J’ai d’abord été enseignant au Nivot. Puis, en 1989, j’ai intégré le Crédit agricole. Nous sommes revenus à Fouesnant en 1990. J’ai (ou eu) des engagements associatifs : parent d’élèves de Notre-Dame (président dans les années 90), comité des fêtes, Kerbader, Vieux Carbus, Pop & Gozh - j’ai une passion pour les véhicules anciens !
Que représente pour vous Fouesnant ?
Mes racines bien sûr. Et j’aime cette ville pour tout ce qu’elle offre en termes de paysages, d’équipements. J’ai connu le Fouesnant rural. Aujourd’hui, c’est une belle ville structurée où il fait bon vivre. Qui reste paisible par rapport à d’autres communes.
Comment est né votre engagement municipal ?
Ça m’intéressait déjà lorsque Roger Le Goff m’a sollicité en 2014. Je pensais commencer comme conseiller et j’ai occupé le poste d’adjoint aux finances durant deux mandats. Ça a été un plaisir. J’ai pu concilier cette fonction avec mon activité de manager à la banque.
Êtes-vous encarté, ou l’avez-vous été ?
Non. On me classe, c’est vrai, plutôt « divers droite ». Ça me va plutôt ! Mais j’ai conduit une liste sans étiquette. Avec l’équipe, on a bâti un programme sans se soucier d’une étiquette. Cela permet aussi de garder sa liberté d’action.
Comment se passe votre prise de fonction ?
Je m’approprie mon rôle de maire, je construis le cadre de travail avec les agents, les équipes. Et puis c’est gérer le quotidien : le platelage aux Glénan qui donne des signes de fébrilité ; la voirie fragilisée par la météo catastrophique de l’hiver. Il y a des mesures à prendre rapidement.
Quels sont vos chantiers prioritaires ?
Il y a des sujets en cours : le cinéma, le padel… Nous engagerons ensuite les mesures du programme. Les études concernant le pôle du Quinquis, l’aménagement du centre-ville ou encore de l’école de Mousterlin, occuperont, entre autres, la 2e partie du mandat.
Quel maire souhaitez-vous être ?
On dit de moi que je suis plutôt quelqu’un d’ouvert, de dialogue, travailleur. Je suis accessible, j’entends le rester. J’ai peut-être un côté fédérateur aussi. Être élu est un engagement. La population attend que l’on mette en œuvre un programme. Après, en cours de mandat, de nouvelles attentes peuvent émerger parce que le monde change. Quoi qu’il en soit, l’intérêt général doit guider notre action. Je l’ai dit et le redis : je souhaite que ce mandat soit plus apaisé et se déroule dans le respect. J’aspire à quelque chose de plus constructif. J’attends la même chose des deux groupes d’opposition.
Comment abordez-vous la succession de Roger Le Goff ?
J’ai beaucoup de respect pour Roger. Il a donné beaucoup de sa vie à Fouesnant. Ce n’est pas facile de passer après quelqu’un qui a occupé le poste pendant trente-sept ans avec ce charisme ! Il y a ce contrat de confiance entre nous, et nous avons été transparents : la mairie, c’est Merrien ; la communauté de communes, c’est Roger Le Goff. Sous réserve bien sûr que le prochain vote lui soit favorable. J’ai aussi la chance de l’avoir à mes côtés à la mairie ; il y a des projets lancés. La transition se fait naturellement. Roger n’a quasiment pas participé à la constitution de notre liste. Idem pour notre programme.
Il y a un renouvellement des élus dans le pays fouesnantais. Qu’est-ce que cela peut changer au sein de la communauté de communes ?
Les nouvelles personnes qui rejoignent l’équipe vont apporter des regards neufs. Du fait de leur présence, il y aura aussi une nouvelle façon de travailler. Pour ma part, je serai vice-président. Nous verrons avec quelle délégation (économie et tourisme durant le mandat précédent, N.D.L.R.). Beaucoup de compétences sont transférées à l’intercommunalité. On ne peut plus être maire, sans y être présent et influent.
Catherine Jaouen